Ukrinform.fr : Sentsov a demandé à ce que soit publié son testament

Oleh Sentsov, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie, a demandé de publier son testament (Ukrinform).

Sa lettre a été transmise à Hromadske par Natalia Kaplan, la sœur du cinéaste.

En particulier, dans une lettre datée du 7 septembre 2018, Sentsov a légué l’adaptation de son travail à la réalisatrice Yevheniya Vradiy. Il a également désigné comme héritiers ses enfants, Alina et Vladislav.

« Moi, Sentsov Oleg Genadievitch, étant sain d’esprit et en pleine conscience, j’ai délégué, en cas de décès, l’adaptation cinématographique de mes scénarios, à savoir « Le rhinocéros », « Kai », et les textes que j’ai écrit en captivité « Le monde glamour », « Crows » et « Christie », à mon amie et deuxième réalisateur, Yevheniya Vradiy, en tant que réalisatrice. En cas de refus, elle a le droit de choisir à qui transmettre ces adaptations, ainsi que de choisir la société productrice de ces films. En tant que successeurs, héritiers et bénéficiaires de mes honoraires après mon décès, je nomme mes enfants : Sentsova Alina et Sentsov Vladislav. Le testament a été fait dans la prison « IK-8 » à Labytnangui, en présence de mon avocat Dmitriy Dinze », a noté Sentsov.

Antoine Arjakovsky : « Les événements auxquels nous assistons aujourd’hui affaiblissent grandement le projet politique impérial de Poutine »

La semaine dernière, l’église orthodoxe ukrainienne a obtenu son indépendance, après 332 ans de tutelle russe. Malgré les menaces et les pressions du Patriarcat de Moscou, Constantinople rétabli une vérité historique qui embarrasse grandement le Kremlin. Quelles sont les raisons et les conséquences possibles de cette décision ? Antoine Arjakovsky, fondateur de l’Institut d’études œcuméniques de Lviv, historien français et le codirecteur du pôle « Société, Liberté, Paix » a accepté de répondre à ces questions.

Que signifie cette autocéphalie accordée par le patriarcat de Constantinople à l’Église orthodoxe d’Ukraine ?

Pour moi, ce qui se passe est un vrai Maïdan. Le Maïdan qui a eu lieu en février 2014 était politique, mais il n’allait pas encore au fond du problème. Il y a une couche encore plus profonde et moins visible de l’identité nationale qui est une couche spirituelle et religieuse qui était vérolée, malade d’un conflit très ancien entre Moscou et Constantinople. Depuis plusieurs siècles les chrétiens orthodoxes en Ukraine ont demandé à être reconnus comme formant une Église locale. Cela leur a d’abord été refusé par Constantinople, puis par Moscou. D’ici la fin de l’année, après que les évêques des trois Églises séparées (patriarcat de Kiev, Église autocéphale et une partie de ceux appartenant à l’Église orthodoxe ukrainienne relevant de la juridiction de Moscou) se seront réunis en concile, le patriarche de Constantinople accordera aux chrétiens orthodoxes en Ukraine (ils sont plus de 25 millions !) la possibilité de former une Église locale. L’événement est vraiment historique.

Quelle est la source de ce conflit ?

J’insiste souvent sur le fait que le moment de rupture évident à partir duquel les deux héritières de la Rous’ de Kiev (l’Ukraine et la Russie– NDA) ne s’entendent plus est le concile d’union de l’ensemble de la chrétienté tenu à Florence en 1439, accepté par le métropolite de la Rous